Vie culturelle aixoise

  • Chasse en Provence - La brochette de grives

    Il convient de rappeler un plat particulièrement apprécié par les Provençaux : la brochette de grives.

    Les techniques de chasse peuvent varier. Entre Aix et Marseille, elle est pratiquée dans des postes de chasse d'octobre à février. Situés dans les massifs boisés, ces postes se présentent sous forme d'abris plus ou moins sophistiqués masqués par un amas de branchages et de feuilles et disposant de meurtrières pour pouvoir observer la cible. Ils ont été, au XIXe siècle, l'apanage de la bourgeoisie disposant d'une bastide et de terres attenantes.
     
    Devant le poste de chasse, sont tendues des cordes sur lesquelles sont posées des grives vivantes (les appelants) qui vont signaler leur présence et attirer leurs congénères.
     
    Le chasseur pourra ainsi soit tirer sur les grives pour les consommer, soit les capturer pour en faire, à leur tour, des appelants. Ce type de chasse demande donc d'élever des grives chez soi et demande beaucoup d'attention.
     
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    Brochettes de grives
     
    Les grives seront lardés puis embrocher. Pendant leur cuisson, est disposé au-dessous de la broche des morceaux de pains qui vont recueillir des morceaux de grives et de lard.
     
    A table, les grives pourront être frottées contre le pain.
     
    Si cet acte un peu barbare peut gêner certains, il n'en reste pas moins un plat traditionnel provençal très apprécié. La dégustation, après tant d'efforts, correspond à un quasi-acte religieux, recueillement compris.

  • Débuts de l'imprimerie à Aix en Provence

    Redécouverte d'un exemplaire du deuxième ouvrage publié à Aix en 1577

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    C'est à l'initiative d'un riche négociant marseillais - Guillaume Giraud - que l'imprimeur Pierre Roux se vit commander en 1577 l'impression de deux ouvrages :

    LE CONSULAT, contenant les Loix, Statuts, & Coustumes touchant les Contracts, marchandises, & negociation Maritime. Il s'agit du premier ouvrage de droit maritime publié en France. Il fut traduit de l'italien par l'avocat marseillais François Mayssoni. Ce texte, issu de manuscrits plus anciens, peut être considéré comme la base de notre législation maritime actuelle.

    LE PORTULAN* contenant la description tant des mers du Ponent depuis le destroict de Gibeltar jusques à la Chiuse en Flandres, que de la mer Méditerranée, ou du Levant, faict en vieux langage italien et nouvellement traduict en francoys.

    Le contrat passé entre l'auteur, le négociant marseillais et l'imprimeur a été redécouvert au XIXe siècle. Il stipule que LE CONSULAT a été tiré à 600 exemplaires.
    Ces deux ouvrages sont ornés, en page de titre, d'une gravure sur bois représentant des navires sous la protection de quatre saints. Cette gravure est identique à celle que comportaient les éditions vénitiennes de 1539 et 1549 de l'ouvrage.
     
    Aujourd'hui, moins d'une dizaine d'exemplaires du Consulat sont recensés : deux à la BNF,  l'un à la Bibliothèque d'Arles et un autre à la Bibliohtèque de Troyes, ainsi que deux dans des collections particulières connues du XIXe siècle.
     
    Quant au Portulan, outre deux ou trois exemplaires en mains privées, il est visible, en France, à la BNF et à la Bibliothèque de Montpellier.
     
    * Texte décrivant les côtes, les  ports et les conditions de la navigation dans un espace maritime donné.

  • Promouvoir Aix en Provence et le Pays d'Aix

    En se promenant dans notre bonne ville d'Aix, il faut savoir tendre l'oreille et écouter les touristes parler entre eux.

    A l'Office du Tourisme, une dame américaine demande, dans un français hésitant,  à l'hotesse d'accueil quels villages autour d'Aix, elle pourrait visiter.

    Réponse de l'employée : "Oh vous savez, il n'y a rien à voir... Ils se ressemblent tous !"

    Le discours commercial semble à (re)construire... Entre Vauvenargues/Picasso, Le Tholonet/Cézanne, Puyloubier/Montagne Sainte-Victoire ou encore Trets/ville médiévale et ses remparts, il y avait pourtant l'embarras du choix...

    A l'hôtel de Chateaurenard, deux touristes venues passer la journée à Aix, se lamentent : l'escalier peint par Daret est en restauration alors qu'Aix entend participer pleinement à Marseille, capitale européenne de la culture 2013.

    Toujours dans le cadre de Marseille 2013, le Pays d'Aix a plutôt déçu en dépit de l'édition de programmes semestriels.

    En dehors de quelques installations d'art moderne plus ou moins réussies et du Grand Atelier du Midi au musée Granet (mais dirigé directement par la Réunion des Musées Nationaux), il faut tout particulièrement féliciter la Bibliothèque Méjanes pour sa programmation de qualité avec deux expositons de choix : L'Orient des Provençaux et la Rétrospective Albert Camus.

    En Pays d'Aix, les communes ont principalement capitalisé sur des évènements récurents sans liens particuliers avec Marseille 2013 : Salon des écrivains de Fuveau, Fête Médiévale de Trets ou encore Salon de Peinture de Puyloubier.

  • Curiosité - Eclairer votre lanterne !

    Sous l'Ancien Régime, Aix était connu pour le mauvais état de ses réverbères et de son éclairage public.

    Sous Louis XIV, de petites lanternes à main se développèrent et furent considérés comme la pointe du progrès.

    Si celles-ci sont souvent anonymes, il nous a été donné d'en voir une signée par un maître plombier de la ville d'Aix, actif au début du XVIIIe siècle. Réalisée en laiton, elle est particulièrement remarquable avec son décor d''angelots mêlant rinceaux feuillagés et corbeilles de fruits.

    Et l'on s'imagine quelques belles élégantes se déplacer ainsi d'un hôtel à l'autre à la nuit tombée.

    Lanterne

                                                                                                                                                   

  • Hôtel de Gallifet et Art contemporain

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    La famille de Gallifet est bien connue des aixois. Dotée d'une importante fortune accumulée dans les Iles et répondant au titre de prince des Martigues, elle a rêgné sur la vie culturelle aixoise pendant tout le XVIIIe siècle et une bonne partie du XIXe siècle. La famille avait, en effet, pris l'habitude de recevoir tout ce que le ville comptait d'élégants et de cultivés en son château du Tholonet. Chaque fin de semaine des représentations théatrales y étaient données.

    Aujourd'hui, les propriétés Galliffet ont été cédées par la famille. A Paris, l'imposant hôtel particulier de cette famille - l'un des plus remarquables de la capitale - sont occupés par les services culturels de l'Ambassade d'Italie qui y accueillent parfois des expositions.

    Mais, depuis 2010, c'est l'hôtel aixois des Galliffet qui s'affirme en tant que "Lieu d'art et d'histoire" sous la direction de Nicolas Mazet. Ce galeriste parisien a souhaité ouvrir ce lieu familial à la création contemporaine.

    C'est tout d'abord avec un peu de surprises que l'on se voyait aborder rue Goyrand par les équipes du lieu afin d'aller visiter l'exposition en cours. Mais l'invitation à la découverte méritait le détour, soutenue certes par le classicisme des lieux mais surtout par une programmation de grande qualité.  

    A l'aune de trois années d'existence, le pari semble être gagné par la galerie Nicolas Mazet qui a su intégrer ce lieu dans la vie culturelle aixoise. Une installation a été labellisée Marseille Provence 2013 dans le jardin de l'Hôtel et des concerts y sont régulièrement organisés. L'hôtel commence également à accueillir des peintres en résidence d'artiste. Aux beaux jours, le lieu se dote d'un salon de thé.

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    L'hôtel de Galliffet témoigne bien du dialogue qui peut s'installer entre les siècles dès lors que l'intelligence est de mise

    Avec l'ouvertue de l'hôtel de Galliffet, le quartier Mazarin complète son offre culturelle :

                - Musée Granet,

                - Musée Paul-Arbaud présentant des collections patrimoniales sur l'histoire et les arts décoratifs provençaux,

                - Futur Hôtel de Caumont (de La Tour d'Aigues) où seront réalisées de grandes expositions d'art ancien.

    Plus d'informations sur : www.hoteldegallifet.com

  • Un carton rouge pour les intérieurs aixois "restaurés"

    La mode est aux intérieurs dépouillés et à une architecture contemporaine. Et nous ne pouvons que nous réjouir de l'émergence de nouvelles formes d'architectures qui innovent tant dans les formes que dans la conception, en favorisant l'écologie et les énergies renouvelables.

    Néanmoins, de plus en plus de particuliers investissent dans l'acquisition de beaux appartements ancien en centre-ville ou dans de belles bastides aixoises pour les transformer intérieurement en loft et autres endroits "zen".

    C'est ainsi que de nombreux sites particulièrement remarquables de l'architecture provençale des siècles passés sont définitivement saccagés.

    Parmi les dégats observés :

                               - suppression des cheminées,

                               - destruction des gypseries anciennes (et suppression de leur polychromie),

                               - remplacement des portes intérieures et des ferrures de l'époque,

                               - suppression des sols en tomettes au profit de carrelages ou de parquets modernes,

                               - suppression des volets intérieurs et des fenêtres d'époque au profit de PVC ou alu.

    Il est à rappeler que, lors de la construction des immeubles aixois, le travail de l'architecte se poursuivait jusque dans les moindres détails. Aussi, la perte de certains des éléments précitées est véritablement une atteinte grave au patrimoine.

    Tous les biens sont concernés : du studio à l'hôtel particulier. Même des biens classés aux Monuments Historiques sont définitivement détériorés : l'Etat n'ayant pas les moyens de réaliser des contrôles réguliers sur les intérieurs classés.

    Pour se rendre compte des outrages perpétrés, il convient d'observer les biens en vente sur les sites immobiliers.

                                                                                             

    Si vous souhaitez vivre dans un esprit "très contemporain", privilégier un bien neuf !

    Outre la volonté de faire plaisir à quelques passionnés de patrimoine, il convient de garder en tête qu'une restauration malencontreuse est gage de :

                      - difficultés de revente : moins value et délais allongés

                      - perte irrémédiable pour le patrimoine et les générations futures.

    N'hésitez pas à vous faire accompagner et de contacter les associations de protection qui peuvent vous conseiller.

  • En 2014, Gardanne rejoint le Pays d'Aix

    En attendant la création de la grande métropole marseillaise, c'est la commune de Gardanne et ses 21 000 habitants qui rejoignent la communauté d'agglomération du Pays d'Aix.

    Considérée comme le parent pauvre du Pays d'Aix, la commune a, tout au long de son histoire, marqué sa complémentarité avec Aix : lieu de résidence du Roi René, patrie du corsaire Claude de Forbin et seigneurie de la famille de Gueidan qui légua ses collections à la ville d'Aix, Gardanne a également accueilli Cézanne qui y résida et qui peignit le village.

    Depuis le XIXe siècle, la commune ne sait plus tout à fait vers quelle ville tutélaire se tourner : coincée entre Aix et Marseille, sommée de choisir entre ses activités industrielles et ses richesses artistiques ou naturelles.

    Cette attachante commune mérite d'être redécouverte. Elle bénéficie d'un des plus grands marchés du département (tout particulièrement le dimanche) et son Cours a fait peau neuve l'an passé